Comment choisir son système d'assainissement non collectif ?

Contrairement à certaines idées reçues, l’assainissement non collectif n’est pas une solution d’attente avant le raccordement au tout-à-l’égout. C’est un système de traitement des eaux usées durable et performant. Cahier des charges, critères de choix, présentation des différentes filières : on vous en dit plus sur un domaine qui compte environ 5 millions d’installations en France.

Qu’appelle-t-on assainissement non collectif ?

L’assainissement non collectif (ANC) représente l’ensemble des solutions de collecte et de gestion (transport, traitement, évacuation) des eaux usées domestiques lorsque le logement n’est pas raccordé à un réseau public de tout-à-l’égout. Loin d’être marginal, avec 15 à 20 % de la population française concernée, l’ANC est aussi strictement encadré par les pouvoirs publics. On comprend aisément les risques, sanitaires et environnementaux, que ferait courir une installation non conforme. C’est pourquoi tout projet de cette nature obéit à un cahier des charges rigoureux. Il vous faudra ainsi : 

•    Contacter au préalable le Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC) dont dépend votre habitation qui vous conseillera sur votre projet,
•    Réaliser une étude de sol en faisant appel à un professionnel afin de définir les filières appropriées,
•    Faire valider le projet auprès du SPANC.

Le marché français de l’assainissement non collectif est réparti en deux filières : 

•    Les filières dites traditionnelles, ou « fosse septique avec épandage », qui représentent 65% du marché,

•    Les filières dites agréées, micro stations d’épuration et filières compactes, pour les 35% restant.

 

Fosse septique ou fosse toutes eaux ? La confusion est fréquente et vous entendrez souvent parler de fosse septique pour désigner une fosse toutes eaux. A l’origine, la fosse septique était destinée au traitement des seules eaux vannes, les eaux « noires » en provenance des toilettes. Si son utilisation est encore tolérée dans les habitations qui en possèdent une, l’installation d’une fosse septique est interdite depuis 2009. Elle a été remplacée par la fosse toutes eaux qui, sans surprise, reçoit l’ensemble des eaux usées ménagères : les eaux grises (cuisine, salle de bain, buanderie…) et les eaux vannes. Une précision : l’eau de pluie n’est jamais dirigée vers un système d’assainissement non collectif.

 

Quels critères pour choisir son système d’assainissement ?

Type d’habitation et surface disponible, nature du sol, considérations économiques… Focus sur les critères permettant de choisir sa solution d’assainissement collectif.


L’habitation et la surface disponible

Le dimensionnement du système d’assainissement dépend déjà de la taille de votre habitation, et en particulier du nombre de pièces principales. Autre élément à prendre en compte : l’occupation de votre logement durant l’année. Tous les systèmes d’assainissement ne seront pas compatibles avec votre résidence secondaire ! Les micro-stations d’épuration nécessitent par exemple une utilisation régulière et de l’électricité pour fonctionner.

Par ailleurs, votre choix pourra être contraint en fonction de la surface dont vous disposez : inutile de penser à une filière traditionnelle si vous avez moins de 100 m2 de surface extérieure. A noter également que la filière doit être installée à plus de 35 m d’un captage d’eau et que l’épandage ne doit pas être situé à moins de 5 m de l’habitation et à moins de 3 m des limites de propriété. Enfin, sachez que la parcelle utilisée par votre équipement ne sera plus carrossable.

 

La nature du sol et les contraintes liées aux zones sensibles

La nature de votre sol et en particulier sa perméabilité seront aussi des éléments à prendre en compte. Sachez notamment qu’un sol à tendance argileux au faible coefficient de perméabilité est difficilement compatible avec une filière traditionnelle à tranchées d’épandage. De plus, ne vous lancez pas dans les travaux sans avoir contacté le SPANC au préalable si votre habitation est située en zone sensible (à proximité d’un lieu de baignade ou d’une source d’eau potable, par exemple).


Les critères économiques

Les coûts de l’installation, de la maintenance et de l’entretien diffèrent selon les dispositifs disponibles. Certains qui peuvent être par exemple assez coûteux à l’achat ne nécessitent que très peu d’investissements par la suite. De même, les travaux à réaliser pour l’installation du système d’assainissement peuvent être plus ou moins onéreux en fonction de la configuration de votre terrain. 
Aides de l’ANAH, de la CAF, de l’Agence de l’eau, prêt à taux 0… De nombreux dispositifs peuvent vous aider à financer une partie de vos travaux. Retrouvez toutes les informations utiles dans notre article dédié.

 

Fosse septique avec épandage, micro station, filtre compact : présentation des principales solutions

Filières traditionnelles comme filières agréées proposent plusieurs types de solutions d’assainissement.


Filières traditionnelles

Une filière traditionnelle d’ANC se compose d’une fosse toutes eaux et d’un système d’épandage.
Les eaux usées sont dirigées vers une cuve plastique ou béton, où elles sont prétraitées (on parle aussi de traitement primaire) : les graisses forment une mousse en surface, tandis que les matières solides s’accumulent et se transforment en boue au fond de la fosse, où se développent des bactéries qui participent à la décomposition des matières organiques : l’évacuation des gaz de fermentation est assurée par une ventilation. Un préfiltre, incorporé ou placé à l’extérieur de la cuve, permet de piéger les particules solides non retenues par la fosse.

Bon à savoir : l’installation d’un bac à graisse ou bac dégraisseur, pour filtrer les graisses des eaux usées de la cuisine et de la salle de bains, est souvent recommandée. Elle est même obligatoire dans certains départements et partout en France lorsque la fosse se situe à plus de 10 m de l’habitation.

Les eaux clarifiées du milieu de la fosse sont encore polluées et doivent donc être traitées avant évacuation. Dans la plupart des filières traditionnelles, ce processus d’épuration peut être réalisé à travers deux procédés distincts : les tranchées d’épandage et le filtre à sable.


Les tranchées d’épandage
Les eaux usées sont évacuées dans le sous-sol au moyen de tubes d’épandage, installés dans un système de tranchées parallèles enfouies à 30 cm de profondeur. Ces dernières sont composées de deux couches de graviers lavés et de terre végétale recouvertes d’un géotextile. Les eaux se dispersent dans le sol en place qui joue son rôle d’épurateur grâce aux micro-organismes naturellement présents. La surface d’épandage dépend de la taille de l’habitation et de la perméabilité du sol.

À noter que la répartition des eaux usées dans les tubes est assurée par un regard béton de répartition, qui également très utile pour inspecter le réseau.

Fosse toutes eaux et tranchées d'épandage
                                                 Fosse toutes eaux et tranchées d'épandage

 

Le filtre à sable vertical drainé ou non drainé

Le filtre à sable, placé en aval de la fosse toutes eaux, est recommandé lorsque le sol en place ne peut jouer son rôle épurateur ou lorsque l’aménagement de tranchées d’épandage est complexe. Il utilise du sable lavé et du gravier comme système épuratoire, l’assainissement des eaux usées étant obtenue par l’action des micro-organismes contenus dans le sol reconstitué. On distingue : 
•    Le filtre à sable vertical drainé, qui utilise le milieu hydraulique superficiel (un fossé, par exemple) comme moyen d’évacuation.
•    Le filtre à sable vertical non drainé, qui utilise le sol comme moyen dispersant. Il est logiquement réservé aux sols dont la capacité d’infiltration est bonne.

Filtre à sable vertical drainé
                                                                   Filtre à sable vertical drainé

Avantage et inconvénients des filières traditionnelles

Les filières traditionnelles constituent la solution d’assainissement non collectif la plus économique du marché. Elles fonctionnent de manière autonome, sans besoin de motorisation (sauf s’il est nécessaire d’installer une pompe de relevage en raison de la topographie du terrain). Autre avantage de ces filières : elles sont compatibles avec un fonctionnement par intermittence, ce qui les distingue des micro-stations. Ce sont donc des solutions adaptées à une résidence secondaire.
Côté entretien, les filières traditionnelles ne sont pas trop exigeantes. Le préfiltre et les regards doivent être régulièrement contrôlés et la vidange de la « fosse septique » doit être réalisée lorsque le niveau des boues atteint 50 % du volume utile de la cuve : tous les 4 ans environ dans le cas d’un fonctionnement quotidien. 
Au rayon des inconvénients, le principal est l’emprise au sol de ce type d’installation (entre 50 et 100 m2, en fonction des spécificités du terrain et de l’habitation) et le fait que la surface ne soit plus carrossable. Le système d’évacuation nécessite également un sol suffisamment perméable.


Filières agréées

Contrairement aux filières traditionnelles, les filières agréées proposent des solutions d’assainissement tout-en-un qui assurent le prétraitement des eaux et leur traitement dans une cuve compacte. Comme leur nom l’indique, le système d’assainissement a été agréé par les ministères de la Santé et de la Transition écologique. On rencontre deux grandes familles de filières agréées : les micro-stations et les dispositifs à filtre compact.

Les micro-stations d’épuration

La micro-station est un dispositif compact qui traite les eaux usées avant de les déverser directement dans l’environnement. L’épuration est réalisée selon le principe de dégradation aérobie de la pollution par des micro-organismes, des bactéries. Vous trouverez deux catégories principales de micro-stations en fonction de la technique de culture des bactéries :

•    La micro-station à culture libre : la culture bactérienne est maintenue dans un bassin aéré sans support. Le brassage y est réalisé afin d’homogénéiser le mélange et d’empêcher la création de dépôts. Le modèle dit SBR en est une version évoluée, les eaux étant clarifiées et réactivées biologiquement dans un même compartiment.
•    La micro-station à culture fixée : la culture bactérienne se fait par l’intermédiaire d’un support (ou média) qui fixe les bactéries. L’oxygénation produite par un suppresseur permet aux micro-organismes de se développer.

Avantages et inconvénients des micro-station

L’avantage majeur de la micro-station est sa faible emprise au sol (inférieure à 10 m2), qui en fait une solution très appréciée lorsque le terrain est de surface réduite. De plus, les eaux épurées sont de très haute qualité et aucun effluent n’est à l’air libre.

La taille réduite de la micro-station n’est pas qu’un avantage : elle nécessite une vidange plus fréquente que les filières traditionnelles. Côté entretien, elle est également plus exigeante, même si les fabricants proposent le plus souvent des contrats de maintenance. Sachez aussi qu’une micro-station a besoin d’électricité et ne peut, sauf mention contraire sur l’avis d’agrément, fonctionner par intermittence. Enfin, elle n’est pas éligible à l’éco prêt à taux zéro (éco-PTZ).

Les filtres compacts

Les solutions de la filière compacte s’appuient sur un fonctionnement proche de celui des filières traditionnelles en reprenant certaines spécificités des micro-stations : 

•    Un traitement primaire (ou prétraitement) de séparation des matières solides et liquides dans une fosse toutes eaux équipée d’un préfiltre.
•    Un traitement secondaire par un « média filtrant » (coquilles de noisette, zéolithe, fragments de coco, laine de roche, média minéral) dans une cuve de surface réduite.
•    L’évacuation des eaux usées traitées par infiltration dans le sous-sol.

Bon à savoir : La fosse toutes eaux peut être séparée ou intégrée au filtre compact.

Filtre compact
                                                                                    Filtre compact

Avantages et inconvénients des filtres compacts

Comme la micro-station, le filtre compact prend peu de place (emprise au sol inférieure à 15 m2 si la fosse toutes eaux est séparée et inférieure à 10 m2 si elle est intégrée) et génère des eaux épurées de très haute qualité. Il n’a pas besoin d’électricité et peut fonctionner par intermittence. Côté financement, la filière compacte est éligible à l’éco-PTZ.

Comme inconvénients, citons la nécessaire vidange de la fosse toutes eaux ainsi que l’obligation renouveler le matériau filtrant tous les 5 à 10 ans en fonction de l’installation et la nécessité de deux cheminées de ventilation. 

  • Goutte de géolocalisation

    Plus de 800 agences et 140 showrooms

  • Chariot produit

    100 000 références commandables en ligne

  • Icone pouce levé

    Commande web traitée par votre agence

  • Icone chronomètre

    Retrait rapide en agence ou livraison en 48h